Devant un rayon de câbles réseau, tout se ressemble : des gaines grises ou bleues, des connecteurs identiques, et des étiquettes qui empilent des sigles. Cat 6, Cat 6a, Cat 7, U/UTP, S/FTP, 23 AWG, 10 Gbps, 600 MHz. Le réflexe habituel consiste à prendre le chiffre le plus élevé et à espérer que ce soit le bon. C’est dommage, car ces mentions ne se classent pas sur une seule échelle : elles décrivent trois choses indépendantes. La catégorie annonce une performance, le blindage décrit une protection physique, la nature du conducteur dit de quel métal est fait le fil.
D'abord, la confusion à lever : fibre et Ethernet ne sont pas le même câble
C’est la demande qui revient le plus souvent, formulée telle quelle : « je cherche un câble Ethernet pour la fibre ». L’intention est claire, la formulation trompeuse. Ces deux câbles existent bien, mais ils ne sont pas sur le même segment du parcours.
- La fibre optique est le lien de l’opérateur : elle arrive jusqu’à votre box et s’arrête là.
- Le câble Ethernet en cuivre repart de la box vers vos appareils : ordinateur, téléviseur, prise murale.
- Un « câble Ethernet fibre » n’existe donc pas : c’est un raccourci de langage pour désigner le cordon cuivre que l’on branche derrière une box raccordée à la fibre.
Le relevé confirme que la confusion est entretenue par les résultats de recherche eux-mêmes : sur la page des grandes longueurs, on trouve à la fois des connectiques de vraie fibre optique, de type LC/UPC, et des cordons RJ45 en cuivre. Vérifiez donc le connecteur avant le reste : si l’embout est un RJ45, vous êtes sur du cuivre, quel que soit le mot « fibre » dans le titre de l’annonce.
La catégorie : ce qu'elle annonce, et ce qu'elle ne fait pas
La catégorie est la mention la plus visible. Quatre valeurs circulent sur les références relevées : Cat 6, Cat 6a, Cat 7 et Cat 8, la Cat 7 étant la plus fréquente dans les intitulés. Elle correspond à une performance annoncée, exprimée par deux chiffres récurrents.
- 1 Gbps : le débit associé aux références d’entrée de gamme, Cat 5e et Cat 6.
- 10 Gbps : le débit associé aux Cat 6a et Cat 7, très largement représentées.
- 600 MHz : la bande passante annoncée sur ces mêmes références à 10 Gbps. C’est une mesure de la « largeur » du canal, pas un débit : les deux chiffres se lisent ensemble.
Une précision qui évite de payer pour rien : un câble ne fabrique pas de débit, il se contente de ne pas le brider. Si votre box et votre carte réseau plafonnent à 1 Gbps, un câble annoncé à 10 Gbps ne changera rien aujourd’hui. C’est une réserve pour un équipement futur : un argument d’anticipation, pas de performance immédiate.
Le blindage : U/UTP, FTP, S/FTP, un axe totalement indépendant
Deuxième ligne, deuxième piège : le blindage n’est pas un niveau de catégorie supérieur, c’est une autre question. La catégorie parle de performance annoncée, le blindage de protection physique contre les perturbations électromagnétiques voisines. Trois notations reviennent dans les relevés.
- U/UTP : câble non blindé, le plus simple et le plus souple.
- FTP : un écran général enveloppe l’ensemble des paires.
- S/FTP : la construction la plus protégée du relevé, qui combine plusieurs niveaux d’écran.
Le critère de choix n’est pas « le plus blindé possible », c’est l’environnement du tracé. Un câble qui longe des courants forts ou partage une goulotte avec d’autres lignes justifie un blindage ; un cordon qui va de la box au téléviseur, deux mètres plus loin, ne le justifie pas. Attention enfin aux formules commerciales relevées sur les fiches, comme « blindage multicouche » ou « anti-interférences » : elles ne remplacent pas la mention U/UTP, FTP ou S/FTP. Si cette mention manque, l’information manque.
Le rayon correspondant
Câble Ethernet · 7 références
CCA ou cuivre pur : la ligne la plus discriminante, et la moins visible
Voilà la vraie différence de qualité derrière deux câbles apparemment identiques, et elle est mesurable : sur la page mère du rayon, qui compte 500 références, le filtre « Cuivre » n’en retient que 45. La très grande majorité du marché n’est donc pas en cuivre pur.
- Cuivre pur, parfois noté OFC : conducteur en cuivre sur toute sa section.
- CCA, pour aluminium cuivré : une âme d’aluminium recouverte d’une pellicule de cuivre. Moins conducteur, et plus cassant à la manipulation.
- L’information n’est pas toujours affichée sur l’étiquette principale : son absence est en soi une indication.
Le CCA n’est pas disqualifiant pour un cordon court qui reste immobile derrière un meuble. Il devient un vrai sujet dès que le câble est long, tiré dans une gaine ou destiné à rester en place des années : c’est là que la fragilité mécanique se paie. Pour un tirage définitif, le conducteur mérite plus d’attention qu’une catégorie supérieure.
L'AWG : le seul chiffre qui se lit à l'envers
Sur les fiches détaillées apparaît une valeur en AWG, qui désigne la section du conducteur : 23 AWG, 26 AWG et 32 AWG dans les relevés. La règle de lecture est contre-intuitive et vaut la peine d’être mémorisée : plus le nombre est petit, plus le fil est gros.
- 23 AWG est le conducteur le plus épais des trois valeurs relevées.
- 32 AWG est le plus fin : on le retrouve du côté des câbles très souples et peu encombrants.
- Ce chiffre se lit avec la nature du conducteur : un fil fin en aluminium cuivré et un fil épais en cuivre pur ne se comparent pas.
C’est aussi le chiffre qui explique la sensation en main : un câble souple et plat, facile à faire passer sous une plinthe, n’a pas la même section qu’un câble rond destiné à un tirage. Les deux formes, rond et plat, existent dans le rayon : le choix se fait sur le cheminement, pas sur la performance annoncée.
Longueur, extérieur et prix : ce que montrent les relevés
Reste la longueur, seule variable que l’on choisit sans hésiter — à tort, car elle pèse sur le prix d’une façon qui mérite d’être connue.
- Page mère RJ45, 500 références : premier quartile à 11,99 €, médiane à 23,99 €, troisième quartile à 41,99 €, maximum à 118,48 €. La longueur la plus courte relevée est un cordon de brassage de 0,50 m.
- 10 m : médiane 23,99 € — 15 m : médiane 28,39 € — 30 m : médiane 37,99 € — 50 m : médiane 45,24 €.
- Le prix suit la longueur sans lui être proportionnel : de 10 m à 50 m, la longueur est multipliée par cinq et le prix médian ne progresse que de 89 %. Le connecteur et le blindage pèsent plus lourd que le cuivre.
Pour un passage à l’extérieur, les mentions utiles n’apparaissent que sur le segment des grandes longueurs : IP67, « résistant UV » et « étanche » sont relevés sur la page 50 m. Un câble d’intérieur qui traverse un jardin reste un câble d’intérieur, et il vieillira vite. Prévoyez enfin une marge : un câble tendu au millimètre se plie mal aux angles.
Ce que l'étiquette ne dit pas, et ce que valent les avis
Terminons par l’exercice inverse : les informations que vous ne trouverez pas, et qu’il ne faut donc pas déduire d’une mention voisine.
- Le nombre de paires et le pas de torsade ne sont pas publiés.
- La garantie n’est pas indiquée sur ces pages.
- Le poids ne figure pas davantage : toute comparaison sur ce critère est vaine.
Bonne nouvelle en revanche du côté des retours d’usage : c’est le rayon le mieux noté du catalogue. Sur la page mère, 678 références sont notées, dont 592 à quatre étoiles ou plus, soit 87,3 % et une note agrégée de 4,4 sur 5. Le segment 10 m grimpe à 95,8 %, pour 4,5 sur 5. Nuance honnête : les échantillons sont nettement plus faibles sur les grandes longueurs, avec 32 références notées à 30 m et 29 à 50 m. Les notes y restent bonnes, mais reposent sur trop peu d’avis pour valoir preuve. Un câble déçoit rarement — raison de plus pour choisir sur la construction plutôt que sur l’étoile.
Questions fréquentes
Existe-t-il un câble Ethernet spécial fibre ?
Non. La fibre optique est le lien de l'opérateur et s'arrête à la box ; le câble Ethernet en cuivre part de la box vers vos appareils. Un « câble Ethernet fibre » est un raccourci de langage. Vérifiez le connecteur : un embout RJ45 signifie du cuivre, même si l'annonce contient le mot fibre.
Faut-il prendre du Cat 6, du Cat 6a ou du Cat 7 ?
Les Cat 6a et Cat 7 relevées annoncent 10 Gbps et 600 MHz, contre 1 Gbps pour les Cat 5e et Cat 6 d'entrée de gamme. Mais un câble ne crée pas de débit : si vos équipements plafonnent à 1 Gbps, la catégorie supérieure ne change rien aujourd'hui. Elle se justifie comme réserve pour un matériel futur, surtout sur un tirage encastré difficile à remplacer.
Un câble blindé est-il toujours meilleur ?
Non, c'est un autre axe que la catégorie. Le blindage, noté U/UTP, FTP ou S/FTP, protège des perturbations électromagnétiques du voisinage. Il se justifie quand le câble longe des courants forts ou partage une goulotte. Pour un cordon de deux mètres entre la box et un téléviseur, il n'apporte rien de mesurable et coûte en souplesse.
Que signifie CCA sur une fiche de câble ?
CCA désigne un conducteur en aluminium recouvert de cuivre, par opposition au cuivre pur parfois noté OFC. Il est moins conducteur et plus cassant à la manipulation. Sur la page mère de 500 références, le filtre « Cuivre » n'en retient que 45 : l'essentiel du marché est donc en CCA, et l'information est souvent reléguée dans le détail de la fiche.
Le prix augmente-t-il proportionnellement à la longueur ?
Non. Entre le segment 10 m, de médiane 23,99 €, et le segment 50 m, de médiane 45,24 €, la longueur est multipliée par cinq alors que le prix médian n'augmente que de 89 %. Le connecteur et le blindage représentent une part importante du coût, indépendamment du métrage déroulé.
Une étiquette de câble Ethernet se lit en trois passes. La catégorie, Cat 6, 6a, 7 ou 8, annonce une performance et se choisit en fonction de vos équipements, pas de la valeur la plus élevée du rayon. Le blindage, U/UTP, FTP ou S/FTP, se choisit selon le tracé et son voisinage électrique. La nature du conducteur, cuivre pur ou CCA, décide de la durée de vie mécanique — c’est le critère le moins visible, pour seulement 45 références en cuivre sur 500. Ajoutez-y la forme et une marge de longueur : vous aurez choisi sur des faits plutôt que sur un sigle.